BiB de l’été – Blanc et rosé

Qu’est-ce qu’on attend d’un BIB en été?

On n’apprécie pas les vins de la même façon quand il fait chaud ou quand il fait froid. On peut dire que c’est une sorte de réaction primaire, du temps où l’homme savait par instinct ce qu’il devait manger pour s’adapter à son milieu et qu’il n’avait à sa disposition que ce que la nature pouvait produire. Maintenant se sont plus souvent les femmes ou les mères qui gèrent le menu familial en fonction de leur emploi du temps et de leurs moyens. ( Oui, je sais qu’il y a des exceptions avec quelques hommes qui sont particulièrement maternels question cuisine). La principale raison qui détermine le choix d’un vin est liée à la nourriture. Elle est plus riche, plus grasse, plus épicée en hiver pour compenser la baisse des températures mais aussi parce qu’il est impossible, sous nos latitudes et sans artifices coûteux en énergie, de faire pousser de vraies tomates ou des fraises de goût avant l’été. Au printemps, il est fréquent et bienvenu d’apprécier les légumes verts et croquants qui poussent furieusement avec le rallongement des jours. Asperges, fèves, haricot, sucrine  et autre verdure. Même les chats se précipitent sur l’herbe grasse pour se purger. Puis viennent les légumes colorés : tomate, aubergine, courgette, poivron et tout ce qui va si bien avec les oeufs. On évite la température élevée des cuissons longues qui chauffe encore plus la cuisine. On préfère les plats froids – salades et taboulés -, les macérations rafraichies – gravlax et cébiche- , les soupes froides – gaspacho et veloutés -, le cru des carpaccios et autres tartares.

La cuisine d’été a un penchant pour l’acidité, la vinaigrette tient une place privilégiée ainsi que le citron et la tomate. L’acidité complique souvent le bon accord avec un vin qui est, par nature, acide lui aussi.

Le contexte reste le plus grand facteur d’influence pour apprécier un vin. (J’en veux pour preuve, cette Côte-Rôtie de chez Guigal bue avec mon amoureux un soir de retrouvailles, d’une finesse, d’une complexité, veloutée et fondante à souhait. Représentée quelques mois plus tard alors que nous discutions des modalités du divorce, timide au nez, comme fermée, avec une dominante amère des tanins secs et sans avenir). Le mental influence le goût, ne dit-on pas d’un homme qu’il est amer suite à un échec? Je vous invite à lire les études de Gil Morrot qui utilise les neurosciences pour prouver ses influences. Ceci étant compris, le marketing en tire volontiers profit.  Le Rosé de Provence, par exemple, sait bien s’emparer de l’ambiance « vacances » pour décrire ses vins. Il y aurait ainsi des vins pour les congés et d’autres pour la rentrée, des pour les copains et ceux pour la méditation, des qui consolent, des qui surprennent, des qui font fête (avec des bulles, bien sûr), ceux du vernissage, ceux d’un baptême, des qui inaugurent et des qui épatent. Et tous ceux dont on boit surtout l’étiquette du bordelais Chasse-Spleen (c) au languedocien Vin de Merde (c), en passant par tous les petits noms des proches, La Nine, Alice, Marie, Ma Douce, Papy, etc.

Alors, imaginons un contexte estival avec quelques consignes simples :
Réunir autour de vous, une bonne compagnie, du soleil, quelques odeurs caractéristiques des vacances, genre Monoï ou plantes aromatiques (en fonction de vos références), un repas léger dans lequel nous croquerons des salades, dévorerons une grillade, des fruits et une glace. Si la scène se passe à l’extérieur, nous aurons pris le soin de porter une glacière pour garder les vins à une température décente. Quels vins choisir pour cette circonstance?

Première partie les vins froids. Blanc et Rosé

Trois qualités sont recherchées pour faire cette sélection des BIB d’été :
1. Tenir à la chaleur
Des vins qui restent bon même quand ils ne sont plus très froids. Tous les vins ne sont pas égaux dans cette capacité. Certains vins blancs ou rosés ont une remarquable adaptation à la température. Qualité essentielle quand on sort le BIB sur la table de picnic ou dans des pichets servis à l’avance. Les vins présentés sont dégustés à 6°C à la sortie du frigo et redégustés à 12°C puis 20°C

2. Un taux d’alcool modéré
Parfois 1 petit degré d’écart fait toute la différence entre un vin ressenti comme léger et un autre qui assomme. Là aussi ce n’est pas une règle, il y a des vins méditerranéens bien bâtis en alcool fondu dans un bel équilibre.
L’été, il est autorisé d’ajouter un peu d’eau bien fraîche ou deux glaçons dans son verre. Si,si, ce n’est pas un crime, à condition de prendre le temps de goûter le vin tel qu’il a été conçu par le vigneron. Par respect et saine curiosité.

3. Une belle robe
Que ce soit un rosé ou un blanc, la robe doit être parfaitement limpide et brillante. La vue domine et influence l’odorat, voire une belle robe prédispose à goûter un bon vin. Laissons les vins voilés et non filtrés pour les journées Nature de l’automne.

La sélection du Blog du BIB

Vallée du Rhône blanc
IGP Collines rhodaniennes
Première note  2016
Marsanne
Cave de Tain
TAV 12%

Une robe dorée assez soutenue, bien brillante. Le nez est charmant, avec ce qu’il faut de fruit blanc plutôt poire et ce côté abricot bien mûr. Porté sur la tendresse à peine acidulée en bouche avec tout de même une touche beurré noisette qui lui donne de la tenue. Un fruit tendre et beurré. 4,58 €/L
Thermodégustation :
Au de là de 10°C. il semble se ramollir. Le charme de la douceur s’est transformé en langueur molle.

AOC Crozes-Hermitage
Grand classique 2017
Cave de Tain
TAV 13%

Un jaune pâle au reflet argenté, éclatant. Le nez est curieux, presque instable, les arômes se confondent, se présentent et s’effacent. Il est tour à tour fruité, plutôt pomme-poire mais pouvant évoquer la fraise, végétale comme du foin coupé, des notes de bois frais et une touche de rose séchée. La bouche est ample avec une sensation de douceur fruitée, C’est riche, c’est palpable mais avec une pointe citronnée qui vient exciter les papilles sans enlever la rondeur. Joli final anisé. 8,92 €/L.

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Thermodégustation
vers 12°C, le nez est à peine moins joueur, la bouche reste fondante. C’est toujours en équilibre même à 18°

Vallée du Rhône rosé

IGP Collines rhodaniennes
Rosé de syrah 2017
Cave de Tain
TAV 12,5%

Un rose pêche abricot brillant.  Un nez net et précis, du fruit rouge, des notes d’acacia et de bonbon. Du gras, de la douceur beurrée en bouche, des notes de fumé qui portent une fraîche amertume au final. Bon, bon, bonbon pour sa matière fraiche et beurrée en bouche. 4,58 €/L.
Thermodégustation
Il est de plus en plus amylique (bonbon acidulé) mais l’amertume s’accentue en bouche. C’est moins harmonieux mais pas trop mal.

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Plus au nord un Beaujolais

AOC Beaujolais rosé
Cuvée classic (avec un C)
Le rosé
Les vignerons de Bel-Air
TAV 12,5%

J’ai toujours un peu de tendresse pour ces vins qui ont pour nom leur couleur précédée de l’article au singulier « Le blanc » « Le rosé » on comprend combien cette cuvée a d’évidence pour le vigneron qui l’a créée.
Pas de consignes particulières pour la couleur rosé du Beaujolais, celui-ci est plutôt pâle, un rose tendre et argenté, comme ces vieilles roses à coeur double. C’est floral au nez, on reste dans la couleur de la robe avec une note de mandarine et un soupçon de fenouil. La bouche est souple, l’agrume se fait juteux, doux et fin avec un final beurré. Délicat. 4,30 €/L.
Thermodégustation
Les notes aromatiques sont moins fines, moins délicates mais le vin tient l’équilibre, en se réchauffant l’acidité prend le pas sur le fondant. Mais pourquoi pas.

Sud-Ouest

IGP Côtes de Gascogne
Colombelle 2017
Producteurs de Plaimont
TAV 11,50%

C’est pâle et brillant avec un reflet verdoyant. Le nez est expressif, pour ne pas dire explosif. Il y a du fruit, beaucoup de fruits, de l’agrume à l’ananas, de la poire à la papaye, avec une fraîcheur mentholée. C’est remarquable par son intensité. En bouche, c’est la vivacité qui surprend, c’est citronné , un peu feutré comme une compote de rhubarbe, on garde le goût de l’acidité fruitée au final. Une certaine définition du fruité acidulé. 4,40 €/L.
Thermodégustation
Il perd de l’intensité et de la vivacité en se réchauffant. Il reste correct mais perd tout son charme.

AOC Saint-Mont
Les cantegrits rosé
Producteurs de Plaimont
TAV 12%

Voilà un rosé pâle qui offre un nez proche de la Colombelle, moins d’exubérance , moins d’exotisme mais une fraîcheur évidente comme un fondu de rhubarbe avec un coulis de cerise et une chips de nougatine. Bel équilibre en bouche entre une acidité fruitée, un fondant crémeux et un final mentholé. Une fraicheur acidulée. 2,55 €/L
Thermodégustation
Le nez perd de la fraîcheur et devient végétal fumé. L’amertume prend le dessus en bouche avec une acidité dure.
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du Languedoc

IGP Pays d’Oc rosé
Garrigote 2017
Les vignerons de Camplong
TAV 12,5%

Un rosé saumoné pâle  et brillant. Un nez de fraise et d’abricot avec une touche de guimauve à la violette. On est dans la friandise acidulée. Encore plus fruitée en bouche avec une souplesse suave. Un rosé léger et gras, idéal pour accompagner toute la soirée de l’apéro au fromage. 2,48 €/L.
Thermodégustation
Le vin ne perd rien en se réchauffant. Il gagne en acidité et en intensité aromatique. Un exemple d’une belle adaptation.

 

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Et pour la Loire


AOC Muscadet
Domaine du Grand Poirier.
Un Muscadet AOC
cité dans l’article sur le blanc et les huitres

Un nez plutôt gourmand et fruité, comme de la pomme au four, des notes de chèvrefeuille et une gelée de groseilles. La bouche est vive, avec une acidité tendre comme un jus de fruit dans une matière fondante et souple, avec une finale beurrée.

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A suivre les rouges frais qu’on a envie de croquer ou de dévorer sous un parasol.

 

Galerie Photos

  • BIB 3L COLOMBELLE 2016
  • CANTEGRITS Rosé_jpg
  • BIB Bel Air Vinescence
  • CaveDeTainCrozesHermitageBlanc3L
  • CaveDeTainIGPBlancMarsanne5L
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  • garrigote-camplong rosé
 
 
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